On-Premises Data Gateway : le point de défaillance unique silencieux derrière Power Automate
Pourquoi la passerelle de données locale peut paralyser tous les flux Power Automate utilisant des données locales, et comment bien la sécuriser dans une PME.

Depuis des mois, un flux Power Automate récupère de manière fiable des données de commandes depuis le SQL Server de la salle serveur. Puis la machine sur laquelle tourne la passerelle de données locale est réinstallée, et du jour au lendemain, tous les flux ayant besoin de données locales s'arrêtent. La passerelle est la dépendance la plus invisible de toute la chaîne : vous ne la voyez pas dans le concepteur de flux, mais sans elle, rien ne fonctionne.
Qu'est-ce que la passerelle de données locale et quand en avez-vous besoin ?
La passerelle de données locale (On-Premises Data Gateway) est un logiciel que vous installez sur une machine Windows au sein de votre propre réseau et qui sert de pont entre les services cloud Microsoft et vos données locales. Power Automate en a besoin dès qu'un flux accède à un système qui ne se trouve pas dans le cloud. Microsoft Learn recense pour Power Automate 14 types de connexions via la passerelle, notamment SQL Server, système de fichiers, Oracle Database, MySQL, PostgreSQL, DB2, SAP ERP, SharePoint local et des connecteurs personnalisés.
Techniquement, la passerelle n'établit que des connexions sortantes. Selon Microsoft Learn, elle communique via les ports sortants TCP 80, 443, 433, 5671, 5672 ainsi que 9350 à 9354, et n'a besoin d'aucun port entrant. Vous n'avez donc pas besoin d'ouvrir de pare-feu depuis l'extérieur. Vous trouverez vos passerelles existantes dans Power Automate sous Données > Passerelles.
Mode standard ou mode personnel : pour Power Automate, il n'y a qu'une seule réponse
Seul le mode standard est envisageable pour Power Automate. Selon Microsoft Learn, le mode personnel ne fonctionne qu'avec Power BI, ne peut pas être partagé et ne prend en charge ni le clustering ni la haute disponibilité. La documentation de Power Automate impose explicitement une installation en mode standard.
Sur le plan des licences, la passerelle n'est pas un détail mineur. Microsoft classe les passerelles locales parmi les fonctionnalités premium dans la FAQ sur les licences, et les licences Office 365 n'incluent explicitement pas l'accès à la passerelle. Quiconque accède à SQL Server ou à un ERP local via la passerelle a donc besoin de Power Automate Premium par utilisateur ou de Power Automate Process par processus. Pour le détail du calcul, consultez notre article sur les coûts des connecteurs premium. Pour faire le point précisément sur votre situation en matière de licences, notre conseil en licences Power Automate constitue le bon point de départ.
Pourquoi une passerelle unique constitue un point de défaillance unique
Une passerelle unique rend chaque connexion de données locale aussi disponible que la machine sur laquelle elle est installée. Si cette machine tombe en panne ou se met en veille, tous les flux qui en dépendent s'arrêtent simultanément. Microsoft déconseille explicitement, dans les prérequis d'installation, d'installer la passerelle sur un appareil comme un ordinateur portable susceptible d'être éteint ou mis en veille.
La réponse à cela s'appelle le cluster. Un cluster de passerelles regroupe jusqu'à 10 membres. Le service cloud utilise toujours la passerelle principale et ne bascule vers le membre suivant que lorsque la principale est inaccessible. Comme une seule passerelle standard peut fonctionner par machine, chaque membre supplémentaire du cluster doit se trouver sur une machine différente. La redondance ne vient donc pas d'une seconde installation, mais d'une seconde machine. Dans Power Automate, vous pouvez en outre activer l'option Répartir les demandes sur toutes les passerelles actives de ce cluster pour que la charge ne repose pas en permanence uniquement sur le membre principal.
Deux autres causes de panne n'ont rien à voir avec le matériel. La première est la clé de récupération : elle est attribuée par l'administrateur lors de l'installation et constitue une condition indispensable pour déplacer la passerelle, la restaurer ou changer le compte de service. Microsoft précise ne pas avoir accès à cette clé et ne pas pouvoir la reconstituer. La seconde est le compte de service Windows. Par défaut, le service s'exécute sous le compte local NT SERVICE\PBIEgwService. Si un compte de domaine classique est utilisé à la place et que son mot de passe expire, le service s'arrête. Microsoft recommande ici un compte de service géré par groupe (gMSA), car son mot de passe n'a pas besoin d'être géré manuellement.
À quelle fréquence faut-il mettre à jour la passerelle de données locale ?
Microsoft publie une nouvelle version de la passerelle chaque mois et ne prend activement en charge que les six dernières versions. La mise à jour ne se fait pas automatiquement. Une passerelle que personne n'a touchée depuis six mois est donc, de fait, sortie du support.
Il existe actuellement une échéance stricte à ce sujet. Microsoft modifie la connexion à la plateforme d'identité et, selon ses propres indications, applique cette mesure d'ici le 31 août 2026 dans tous les locataires. Sur les versions plus anciennes, la connexion interactive lors de l'installation, de la restauration ou de la gestion d'une passerelle peut échouer. Sont concernées toutes les versions antérieures à mai 2026, ainsi que les versions de janvier à avril inférieures aux versions corrigées suivantes :
- Janvier 2026 : Build 3000.302.7
- Février 2026 : Build 3000.306.5
- Mars 2026 : Build 3000.310.3
- Avril 2026 : Build 3000.314.6
- Mai 2026 et après : toutes les versions incluent le correctif
Une mise à jour nécessite des droits d'administrateur de la passerelle et au moins 10 Go d'espace disque libre. Dans un cluster, les membres sont mis à jour un par un : désactivation, attente d'environ 30 minutes le temps que les tâches en cours se terminent, mise à jour, réactivation, puis passage au suivant. Tous les membres doivent utiliser la même version, car des versions différentes entraînent des erreurs sporadiques où la même requête fonctionne sur un membre et échoue sur un autre.
Que devrait concrètement sécuriser une PME ?
Six mesures couvrent la grande majorité des pannes réelles de passerelles et peuvent être mises en œuvre en une matinée.
- Un serveur dédié plutôt qu'un poste de travail : Microsoft recommande un processeur 8 cœurs, 8 Go de mémoire vive, Windows Server 2019 ou plus récent et un stockage SSD. Les contrôleurs de domaine, les installations Server Core et les conteneurs Windows sont exclus, et une connexion filaire est préférable au Wi-Fi.
- Un cluster dès le premier flux critique pour l'activité : Deux membres sur deux machines suffisent. Un cluster que vous ne mettez en place qu'après une panne ne sert à rien pendant cette panne.
- La clé de récupération dans un coffre-fort de mots de passe : Pas dans la tête de l'administrateur, pas dans un e-mail. Sans elle, une passerelle ne peut être ni déplacée ni restaurée.
- Un compte de service sans expiration de mot de passe : Un gMSA évite le scénario classique où un changement de mot de passe périodique met à l'arrêt, sans crier gare, la moitié de l'automatisation. Le changement s'effectue dans l'application de la passerelle, sous les paramètres du service, et nécessite la clé de récupération.
- Une fenêtre de mise à jour au calendrier : Une date mensuelle fixe vous permet de rester dans les six versions prises en charge.
- Des partages réseau documentés et vérifiés : Le test des ports réseau dans l'application de la passerelle, sous diagnostics, vérifie que toutes les connexions sortantes nécessaires sont ouvertes. À exécuter une fois après chaque modification du pare-feu.
Dans nos projets Power Automate, le constat le plus fréquent n'est pas un serveur défectueux, mais une passerelle que quelqu'un a installée rapidement sur un poste de travail il y a des années. Tant que celui-ci fonctionne, personne ne s'en aperçoit. S'il est remplacé, la clé de récupération manque. Cette question relève de l'architecture, pas de l'analyse d'incident. C'est précisément là qu'intervient notre conseil Power Automate.
Questions fréquentes sur la passerelle de données locale
Chaque flux Power Automate a-t-il besoin d'une passerelle ?
Non. Une passerelle n'est nécessaire que si un flux accède à des données sur votre propre réseau, par exemple un SQL Server, un partage de fichiers ou un ERP local. Les flux qui fonctionnent exclusivement avec des services cloud comme Outlook, SharePoint Online ou Teams n'ont pas besoin de passerelle.
La passerelle de données locale entraîne-t-elle un coût supplémentaire ?
Le logiciel de la passerelle est lui-même gratuit. Son utilisation compte toutefois parmi les fonctionnalités premium de Power Automate, et les licences Office 365 ne l'incluent pas, selon la FAQ de Microsoft sur les licences. Les flux avec accès à la passerelle nécessitent donc Power Automate Premium par utilisateur ou Power Automate Process par processus.
Combien de passerelles doivent composer un cluster ?
Un cluster prend en charge jusqu'à 10 membres. Pour une PME, deux à trois membres, répartis sur des machines différentes, suffisent, car une seule passerelle standard peut fonctionner par machine. Tous les membres doivent utiliser la même version, et les membres hors ligne doivent être supprimés ou désactivés.
Que se passe-t-il si nous perdons la clé de récupération ?
Dans ce cas, la passerelle ne peut plus être ni déplacée ni restaurée, et le compte de service ne peut plus non plus être modifié. Microsoft n'a pas accès à cette clé et ne peut pas la reconstituer. Il ne reste qu'à enregistrer une nouvelle passerelle et à reconfigurer chaque connexion dans Power Automate.
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